Le nouveau coronavirus ferait presque oublier les autres virus, habituellement sur le devant de la scène. Mais ce nouveau virus est il pire que les autres ? Mérite-t-il toute l’attention que le monde lui porte ? Comment fait-on pour comparer la dangerosité de plusieurs virus ?

Qu’est ce qu’un virus ?

Un virus est une particule microscopique infectieuse qui ne peut se répliquer qu’en pénétrant dans une cellule et en utilisant sa machinerie cellulaire. Les virus qui infectent les bactéries sont les bactériophages. Il existe des virus qui infectent des animaux et d’autres qui infectent les végétaux. S’ils provoquent des maladies, les virus peuvent être considérés comme des germes pathogènes.

La découverte des virus trouve son origine au XIXe siècle, avec les travaux d’A. Mayer sur la mosaïque du tabac. Le scientifique allemand a découvert que cette maladie qui touchait les feuilles de tabac pouvait se propager d’une plante à l’autre. Mais il n’a pas pu trouver de bactérie responsable de cette maladie. Plus tard, le microbiologiste Beijerinck comprit que la particule infectieuse devait être bien plus petite qu’une bactérie. Le virus de la mosaïque du tabac (VMT) n’a été identifié qu’en 1935 par Wendell Stanley

Quels sont les 7 virus les plus dangereux de la planète ?

Ebola

Ebola est l’un des virus les plus mortels de la planète. Il peut tuer dans 25% à 90% des cas, selon les souches du virus. Il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement homologué. La transmission se fait via un contact direct avec les fluides corporels. 

La rage

Maladie mortelle, la rage continue à toucher près de 55 000 personnes par an. Transmis par la morsure d’un animal contaminé, il est présent dans la salive.

Le virus s’attaque directement au système nerveux de l’Homme, en modifiant son fonctionnement. Il provoque la mort en stoppant les fonctions vitales pour l’organisme.

Un vaccin existe, ce qui a limité la propagation du virus.

H5N1 MODIFIÉ

Il s’agit d’un « mutant » basé sur le virus de la grippe aviaire et modifié de manière à pouvoir se transmettre entre humains. 

En 2011, le virus avait été considéré si dangereux que l’agence de biosécurité américaine (NSABB) avait recommandé de bloquer la publication de leur étude, prévue dans le magazine Science.

Les chercheurs affirment que le virus est confiné et qu’il n’existe aucun risque de fuite.

Marburg

S’il est moins mortel que le virus Ebola, avec lequel il partage certaines caractéristiques, le virus Marburg s’avère mortel dans près de 80% des cas. Ce filovirus entraîne en effet des fièvres hémorragiques. Son impact reste toutefois limité car il se transmet difficilement entre humains, nécessitant un contact très rapproché avec transmission par les selles, l’urine, la salive ou les vomissements

 VIH

Le virus de l’immunodéficience humaine est à l’origine de la maladie du SIDA. Le VIH, qui se transmet notamment lors des rapports sexuels, atteint le système immunitaire, empêchant le corps de se défendre. Des infections anodines peuvent ainsi devenir graves, voire mortelles.

Il n’existe actuellement aucun vaccin contre le VIH, même si des traitements permettent aux porteurs de vivre avec.

SARS-COV-2

A cette liste est venu s’ajouter le SARS-CoV-2, ou «nouveau coronavirus», qui s’est propagé à toute la planète en l’espace de quelques mois, tuant plus de 623.658 personnes dans le monde (au 23 juillet 2020) et infectant plus de 15 millions de personnes (sûrement beaucoup plu, de nombreux cas n’ayant pas été identifiés en l’absence de test). 

Ce virus provoque la maladie COVID-19, dont les principaux symptômes sont la fièvre, la toux sèche et la ‎fatigue. D’autres symptômes moins courants ‎existent : ‎courbatures et douleurs, congestion ‎nasale, maux de tête, conjonctivite, ‎de maux de gorge, diarrhée, perte ‎du goût ou de l’odorat, ou encore éruption ‎cutanée et décoloration des doigts de la ‎main ou du pied.

Qu’est ce qui rend un virus dangereux pour l’homme ?

La dangerosité d’un agent pathogène provient de la combinaison de deux facteurs : la facilité avec laquelle il se transmet de l’homme à l’homme (R0) et la gravité des symptômes qu’il provoque chez les personnes infectées, et il existe un continuum de R0 et de virulence.

Le R0, le nombre de reproduction de base, indique combien de personnes sont infectées par une personne contaminée, et donne donc une indication à quel point le nouveau virus est contagieux. Un R0 élevé indique qu’un virus se transmet facilement d’une personne à l’autre.

La rougeole est considérée comme une des maladies les plus contagieuses, avec un R0 entre 12 et 18 souvent cité (mais les estimations varient entre études). Un R0 élevé a des conséquences directes sur les stratégies de prévention : une couverture vaccinale de la population de 95% doit être atteinte pour enrayer la propagation du virus de la rougeole.  

La virulence est la capacité d’un agent infectieux à causer une maladie. Plus la virulence est grande, plus les conséquences pour l’hôte infecté sont importantes. Certains virus peuvent infecter un hôte sans l’apparition de symptômes, y compris l’homme, alors que d’autres engendrent quasi systématiquement la mort, comme c’est le pour le virus de la rage.

Un virus qui ne se transmet pas facilement mais qui cause un taux de mortalité élevé peut atteindre le même niveau de dangerosité qu’un virus qui se transmet facilement avec un taux de mortalité plus faible.

A l’heure actuelle, que sait-on sur le R0 et le taux de mortalité du nouveau coronavirus ?  

Les coronavirus sont une large famille de virus qui provoquent des maladies allant d’un simple rhume à des pathologies plus sévères comme le MERS ou le SPAS.  

Dans le cas du nouveau COVID-19, une première estimation du R0 a déjà été faite par plusieurs équipes indépendantes qui l’estiment entre 1.5 et 3.5 Cela veut dire qu’en moyenne  une personne infectée va passe le virus 1à 3 personnes supplémentaires. Et un taux de mortalité inférieur à 3% .Ce taux est estimé à 15% chez les personnes âgées de 80 ans et plus.